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Depuis longtemps déjà nous sommes en
relation étroite avec UFC-Que Choisir et sa direction sur les questions de lutte
contre l’obésité. COMMUNIQUE DE PRESSE (Fédérations et associations)
Nous, personnes souffrant d’obésité,
de surpoids ou de diabète, parents d’élèves, familles, enseignants, responsables
de restauration scolaire ou collective, maîtres cuisiniers, mutualistes,
consommateurs,… interpelons le Ministère de la Culture pour lui demander de
cesser ses entraves à En février dernier la Ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative annonçait un ensemble de mesures(1) pour lutter contre la progression de l’obésité infantile (activité physique scolaire et périscolaire, restauration scolaire, formation des personnels en contact avec les jeunes …) venant compléter les mesures précédentes en matière d’amélioration de qualité nutritionnelle des aliments. Dans le domaine du marketing télévisé, la Ministre de la Santé demandait à l’industrie agroalimentaire et aux régies publicitaires des engagements pour cesser la diffusion des publicités pour les produits les plus gras, salés ou sucrés aux heures de grande écoute des enfants. Bien qu’avec retard, les professionnels de l’agro-alimentaire ont défini une position de principe consistant à réserver les publicités aux seuls produits dont l’intérêt nutritionnel est démontré. Il ne restait donc plus qu'à faire définir les profils et les horaires sous la responsabilité des nutritionnistes et des pédiatres pour trouver un accord équilibré. Contre toute attente, la Direction du Développement des Médias au sein du Ministère de la Culture a rédigé, avec les seules régies publicitaires, une charte pour faire barrage à ce projet d’encadrement de la publicité. Cette charte que Christine ALBANEL prévoit de faire avaliser prochainement en réunion interministérielle, sacrifie tout projet d’encadrement publicitaire au profit d’une liste à la Prévert de mesurettes sans intérêt. Aujourd’hui, 23 sociétés savantes et
plus de 1500 médecins, nutritionnistes, pédiatres et scientifiques lancent un
cri d’alarme(2). Nous nous associons à leur appel et refusons qu’un dossier de
santé publique soit entre les mains des publicitaires. En conséquence, nous
demandons : Mais dans le cas où les industries alimentaires, les régies publicitaires et le Ministère de la Culture décideraient de maintenir en l’état cette charte notoirement insuffisante, nous demanderons à ce que l’on tire la conclusion de l’échec des tentatives d’autorégulation, et que sans plus tarder les mesures annoncées par Roselyne BACHELOT soient mises en place par la Loi. (1) « Nutrition et obésité : nouvelles mesures pour 2008 » - 4/02/2008 et le plan « Santé des jeunes » - 27/02/2008 (2) Au-delà de l’image corporelle, l’obésité a des conséquences graves sur la santé : élévation des graisses dans le sang entraînant de nombreux problèmes cardiovasculaires, insuffisances respiratoires, diabètes de type II, augmentation de la pression artérielle. Ainsi, la probabilité d’attaque cérébrale est multipliée par deux dans le cas d’un indice de masse corporel (IMC) supérieur à 30. On calcule également que pour une obésité importante (IMC supérieure à 40), l’espérance de vie peut être réduite de 10 ans. Contacts des Associations et Fédérations signataires : - ACEHF (Association Culinaire
des Etablissements Hospitaliers de France) : Gérard PRETEUX Communiqué de presse (Sociétés savantes) Publicité alimentaire télévisée et enfants : le bon choix Vingt-trois sociétés savantes de pédiatrie, cardiologie, diabétologie, d’endocrinologie, de cancérologie, de psychiatrie, de santé publique, d’épidémiologie et de nutrition représentant plus de 30 000 membres réaffirment par une nouvelle lettre ouverte leur soutien le plus fort à la démarche engagée par Mme la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot-Narquin, pour la limitation de la publicité alimentaire sur tous les créneaux horaires où les enfants sont présents devant la télévision : voir la lettre ouverte jointe à Mme la Ministre de la santé : Publicité alimentaire télévisée et enfants : « le bon choix »
Roselyne BACHELOT-NARQUIN, ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et
de la Vie Associative, annonçait le 4 février dernier la mise en place de
mesures concernant la publicité télévisée à destination des enfants. Malgré l’ouverture et les conditions de transparence offertes pour la discussion, force est, aujourd’hui de constater que l’auto-régulation souhaitée par la ministre de la Santé n’a pas été possible. Les sociétés savantes signataires demandent que soit promulguée une Loi afin que soit encadrée et limitée la pression publicitaire conduisant les enfants à consommer des aliments dont la consommation doit être réduite si l’on veut améliorer l’état de santé de la population. Cette démarche participe de la nécessité citoyenne de protéger la santé de nos enfants, comme l’expriment aujourd’hui les 19 associations et fédérations de personnes obèses, de diabétiques, de familles, de parents d’élèves, de mutualistes, de professionnels de la restauration, et de consommateurs … qui, comme nous, demandent que la politique nutritionnelle de santé publique puisse pleinement se développer. Il en va de la santé de tous.
Contact
Publicité alimentaire télévisée et enfants : « le bon choix » Lettre ouverte à Mme Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé et des Sports Mme
Roselyne Bachelot-Narquin Madame la ministre, Le 4 février 2008, vous avez annoncé le lancement officiel de discussions, associant toutes les parties concernées, visant à supprimer la publicité télévisée pour certains aliments et boissons à destination des enfants. Tous les pédiatres, nutritionnistes, professionnels de santé et scientifiques invités et les représentants des associations citoyennes (parents d’élèves, consommateurs, familles), conscients de l’importance de l’enjeu et soucieux de la santé des enfants ont répondu à votre appel pour avancer dans la discussion et trouver une solution acceptable. Or les diverses réunions organisées au Ministère de la Santé ont été boycottées par les représentants des annonceurs et de l’Industrie agro-alimentaire qui y étaient pourtant conviés officiellement. Seuls sont venus les représentants des media concernés, qui, en dehors de toute prise en compte des éléments scientifiques fournis, ont seulement mis en avant les pertes de recettes engendrées par une telle mesure. Il est vrai que les recettes apportées par les publicités alimentaires représentent environ 1,4 milliard d’euros chaque année pour les chaînes de télévision, somme dépensée à plus de 80% pour des aliments dont il est souhaitable de limiter la consommation. En soulevant cette question économique, ils ont nié l’influence de la publicité alimentaire télévisée sur les comportements alimentaires des enfants, les comportements d’achat des parents et leurs conséquences sur l’état nutritionnel et le risque de surpoids et d’obésité des enfants. Comme si les firmes vantant leurs produits investissaient 1,4 milliards d’euros par an à perte ! Soyons sérieux. Les enjeux de santé publique sont majeurs et ne peuvent être balayés au seul profit des intérêts économiques des chaînes de télévisions et des entreprises alimentaires. La pétition du 25 avril 2008 signée par plus de 1500 scientifiques et professionnels de santé a clairement rappelé cette problématique2. Ces spécialistes ont manifesté leur soutien à votre proposition. Ils ont rappelé qu’il n’est pas demandé de supprimer toute publicité alimentaire, mais de limiter certaines d’entre elles, sur les créneaux horaires où les enfants sont présents devant la télévision. Il est démontré qu’il y a davantage d’enfants devant la télé aux heures de grande écoute, durant les « prime time » que durant les programmes étiquetés « jeunesse » qui leur sont spécifiquement destinés. A titre d’exemple, il suffit de regarder la cible des publicités alimentaires diffusés pendant la Coupe d’Europe de football 2008, pour estimer à quel point étaient présentes les publicités destinées aux enfants. Madame la ministre, il ne s’agit d’interdire ou de discréditer aucun aliment, mais les Sociétés savantes signataires de ce texte souhaitent que soit encadrée et limitée la pression publicitaire incitant les enfants à consommer des aliments dont la consommation doit être réduite si l’on veut améliorer l’état de santé. Les
chaînes craignent pour l’équilibre de leur budget. Ont-elles envisagé de
substituer aux publicités pour les aliments gras, salés ou sucrés, d’autres
produits... Il y a sûrement d’autres alternatives, puisque ces mêmes chaînes
demandent de rajouter des coupures publicitaires pour faire face à la demande
sans cesse croissante des annonceurs. En se retirant des écrans TV aux heures de
grande écoute par les enfants, ces Madame la ministre de la Santé, nous vous apportons notre total soutien. Votre proposition est juste et va dans le sens de l’intérêt de nos enfants et de nos concitoyens. Nous vous demandons d’aller jusqu’au bout. Vous avez fait appel au sens de la responsabilité citoyenne des entreprises en proposant une autodiscipline rapide des annonceurs. L’auto régulation que vous avez souhaitée n’a pas été possible. Aucune proposition n’a été faite par les industriels pour répondre à votre proposition. Celles émanant des chaînes de télévision sont totalement inacceptables. Vous aviez mentionné le 4 février 2008, qu’en cas d’échec des négociations, vous demanderiez une Loi. Vous aviez proposé un calendrier dont les dates sont maintenant, malgré un report, dépassées. En dépit de votre ouverture et des conditions de transparence que vous aviez imposées à la discussion, les opérateurs économiques ont fait la sourde oreille. Nous constatons donc l’impasse des négociations. Nous prenons acte du refus d’une autodiscipline des acteurs économiques concernés, qu’en qualité de professionnels de santé confrontés aux souffrances des enfants et de leurs familles, nous aurions acceptée. Pour ces raisons, les sociétés savantes signataires demandent, comme vous l’aviez annoncé, que soit promulguée une Loi protégeant nos enfants. Les Parlementaires ont d’ailleurs prévu, dès à présent, un article de Loi dans ce sens. Madame la Ministre, la Loi demandée n’a pas pour objet de nuire aux chaînes de télévision et aux industriels. Elle vise à protéger la santé de nos enfants, notre santé à tous. Nous comptons sur vous, pour garantir par la Loi, la cohérence et l’effectivité de la politique nutritionnelle de santé publique qui se développe en France et dont nous pouvons déjà constater les premiers effets positifs. Il en va de l’avenir de la santé publique, de notre santé à tous.
Sociétés savantes signataires :
Allegro Fortissimo 30 juin 2008 |